Pour le tour de France des radios associatives
Ça y est, une nouvelle année est arrivée ! Je poursuis ce tour de France des radios associatives, pas du tout linéaire, un peu mollement. Janvier marque aussi le 5ᵉ mois de voyage : nous voilà à mi-parcours avec 28 radios rencontrées, 1 festival podcast et un festival radio. Un peu de mal à me remettre en route, grosse fatigue et froid. Prise par la procrastination des fêtes de fin d’année, je n’ai pas vraiment anticipé la rencontre avec Radio Galère à Marseille. Prévenue en dernière minute, nos emplois du temps n’ont malheureusement pas matché. J’ai au moins passé quelques jours au soleil de Marseille ! Bref, je vous souhaite à toustes une heureuse année et de ne surtout pas rater la sortie de nouveaux épisodes en suivant Parce Qu’autant Podcaster sur vos plateformes d’écoute ! Bienvenue dans le podcast Un voyage sur les ondes pour toustes ! |
Préparation spectacle son et lumière, Le Palais des Papes - Avignon
La 2ᵉ fois était la bonne : j’ai pu rencontrer Aïoli Radio à Avignon. Côté radio aussi, l’année démarre en douceur. Aïoli, c’est la plus jeune radio que j’aie rencontrée jusqu’ici. Elle a été créée en 2021 sous l’impulsion de membres de la communauté Longo Maï et de Radio Zinzine. Pour mémoire, j’avais rencontré Radio Zinzine en septembre dans les Alpes-de-Haute-Provence. Cette radio a été créée par des membres de la communauté Longo Maï, qui gèrent toujours l’association, même si elle est ouverte à toustes. Il s’agit d’une communauté anarchiste autogérée, installée dans les années 1970 et vivant en quasi-autonomie. Longo Maï a essaimé plusieurs communautés en France et en Europe, dont une proche d’Avignon, à La Bastide des Jourdans. Alors que la France est en train de déployer le DAB+ (Digital Audio Broadcasting ou radiodiffusion numérique terrestre), une nouvelle fréquence s’est ouverte à Avignon. |
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Sous l’impulsion de Radio Zinzine, la communauté Longo Maï locale commence à mobiliser autour d’un projet de radio associative. C’est au Fenouil à vapeur (lieu associatif regroupant une AMAP et une cantine participative), en partageant un aïoli, que la radio va se concrétiser. Portée par l’association Saludipafous, Aïoli Radio se présente comme une antenne rebelle et joviale. La radio propose un contenu original, bénévole, et des rediffusions sélectionnées avec soin dans les radios copines. Elle fait vivre des contenus alternatifs (dans un département dominé par la droite), allant du vélo à l’antifascisme.
Aujourd’hui, une vingtaine de bénévoles produisent des émissions, s’occupent de la gestion associative, des demandes de financements et organisent des événements ponctuels. Même quand elles sont 100 % bénévoles, les radios associatives ont besoin d’argent pour fonctionner. Entre la location d’un local, l’électricité, le matériel, la Sacem (droits d’auteurices), l’antenne, etc., c’est déjà pas mal de frais. Monter des dossiers pour le Fonds de soutien à l’expression radiophonique, ce n’est pas le plus fun du bénévolat… Seules quelques personnes sans emploi s’y penchent. Les autres jonglent avec leurs obligations pour venir enregistrer leur émission quand elle n’est pas faite à distance. Pas facile de naître après l’effervescence de la libéralisation des années 1980–1990.
Néanmoins, Aïoli montre bien que le média radio est encore d’actualité. J’ai pu rencontrer des personnes jeunes et motivées à faire grandir cette radio locale : collaboration avec un café associatif, ancrage dans le tissu associatif local, organisation d’événements promotionnels, et peut-être même un·e premier·ère salarié·e à venir. Par sa jeunesse, la radio porte des sujets d’actualité, sociaux, environnementaux, de genre, et bien d’autres. |
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Il est temps de parler du DAB+ (radio numérique terrestre) – c’est quoi ?
Depuis 2014, l’État déploie peu à peu cette technologie sur le territoire. La raison ? La saturation de la bande FM. En passant par un multiplex, chaque fréquence DAB+ peut accueillir jusqu’à 13 radios différentes. Il s’agit aussi de s’aligner sur une dynamique internationale, avec de plus en plus de pays qui s’ouvrent au DAB+. Comme la FM, le DAB+ passe par les ondes hertziennes, mais le son est d’abord converti en informations numériques avant d’être transmis par les ondes jusqu’au poste radio. Plus d’informations sont alors disponibles pour l’auditeurice : textes, images, liens, etc.
Néanmoins, nos bons vieux postes radio ne captent pas ces fréquences. Cela représente des frais supplémentaires pour les radios, qui doivent louer ou investir dans de nouveaux émetteurs, et pour les auditeurices, qui doivent renouveler leur matériel à la maison et dans la voiture. Ces nouveaux équipements coûtent plus cher qu’un poste FM et soulèvent des questions sur le traitement des déchets électroniques et leur obsolescence.
Le DAB+ offre une meilleure qualité sonore (à condition que le diffuseur choisisse un débit suffisant) et une écoute plus stable, notamment en mobilité. Il permet aussi de s’adapter aux nouveaux usages, comme l’écoute de la radio sur une télé. Pourtant, la technologie peine à se développer. D’une part, le déploiement prend du temps, notamment en zone montagneuse, où l’on alterne entre FM et DAB+. D’autre part, le DAB+ étant méconnu, beaucoup d’auditeurices ne sont pas équipé·e·s.
En Suisse, par exemple, alors que l’État avait imposé à la radio publique le 100 % DAB+, celle-ci a perdu 130 000 auditeurices au profit des radios privées. Aujourd’hui, la Suisse fait demi-tour et prolonge la FM publique jusqu’en 2031.
Poursuivons ce tour de France pas du tout linéaire ! Je file vers la Bretagne en faisant un arrêt à Saint-Étienne. J’y rencontre Radio Dio, l’une des premières radios de la ville. La mémoire de cette radio s’est peu à peu perdue au fil des années. Elle aurait été créée à la fin des années 1970 par un groupe anarchiste, avant de devenir une association dès 1981. Saint-Étienne était alors une ville industrielle importante, marquée par l’exploitation du charbon, la métallurgie et l’industrie de l’armement. Bien que Radio Dio se définisse comme une radio principalement musicale, elle a toujours tenu compte de l’actualité sociale et politique de la ville.
Vitre du studio de Radio Dio - Saint-Etienne
Comme beaucoup de radios, elle a connu un fort développement dans les années 1980 et 1990, avec de nombreuses émissions bénévoles. Très rapidement, la radio décide de salarier du personnel pour assurer enquêtes, reportages journalistiques, technique et gestion associative. L’équipe grandit jusqu’à atteindre 7 salarié·e·s. Cependant, en 2011, après l’accumulation de dettes, la radio passe en redressement judiciaire pendant 10 ans. L’association est contrainte de licencier. Seul un salarié reste, reprenant les tâches de tout le monde. Pour s’en sortir, la radio doit à la fois réduire ses dépenses et développer de nouveaux projets et prestations pour rembourser ses dettes et continuer d’offrir une diffusion quotidienne 24h/24. Ateliers radio, concerts de soutien, non-renouvellement du matériel : tout est fait pour survivre.
| Côté vie associative, le conseil d’administration et le salarié tentent de conserver un environnement convivial et suffisamment de matériel pour que les bénévoles puissent poursuivre leurs émissions. Pour le conseil d’administration, le poids du redressement judiciaire est plus lourd. Ses membres sont responsables des décisions de licenciement, des choix budgétaires difficiles et de la détérioration des conditions de travail pour celleux qui restent. Beaucoup de responsabilités pour des personnes bénévoles. C’est donc une instabilité financière, mais aussi une rotation des membres du conseil d’administration. La radio a fini par s’en sortir. Aujourd’hui, elle n’a plus de dettes, mais c’est au tour des subventions publiques de diminuer. Finalement, la situation n’a pas beaucoup changé pour la radio à la fin du redressement judiciaire. Elle a simplement appris avant les autres à faire avec (très) peu de moyens. Peu à peu, elle réussit quand même à se remettre. Elle se compose aujourd’hui d’une centaine de bénévoles et de 3 salarié·e·s, dont deux à temps partiel. |
La situation actuelle des radios associatives pose la question des conditions matérielles pour continuer d’exister et produire des contenus libres, indépendants et de qualité. Le seul journaliste restant s’occupe à la fois d’une émission deux fois par semaine, mais aussi des demandes de financement, des ateliers, de la gestion et des partenariats. Avec toutes ces missions, il est impossible de se consacrer aux reportages et aux enquêtes de la même manière. Il a dû prioriser et diminuer son travail de terrain pour ne pas s’épuiser.
Quant aux deux autres salariés, en contrat de 26h/semaine au SMIC, pas une semaine ne passe sans heures supplémentaires. Dans ces conditions, comment produire de l’information libre, indépendante, de qualité et de manière régulière sans pousser à bout les travailleureuses ? Comme d’autres radios associatives, Radio Dio poursuit ses activités grâce à l’engagement des salariés et des bénévoles, qui proposent une programmation variée : musique française, rock, reggae, féminisme, cinéma, BD et bien d’autres. C’est aussi une radio engagée dans la vie collective et associative. Elle est cofondatrice de la Ferarock et toujours très présente dans la fédération musicale. La radio travaille avec des associations, des écoles, les quartiers populaires et a toujours été en lien avec la vie stéphanoise, à travers des bénévoles engagé·e·s dans des salles de concerts alternatives, des bars et autres lieux de vie de la ville. |
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Plage - Dinar
Après Saint-Étienne, direction Rennes, avec un petit trajet de 8h de train pour y arriver quelques jours avant le festival Longueur d’Ondes à Brest. J’en profite pour contacter quelques radios, même si je ne pourrai pas me tenir à ma démarche habituelle d’immersion. Je décide donc de rencontrer quelques radios, quitte à y retourner en avril lors de mon passage à PodRennes.
Cette radio a été créée à la suite d’une consultation citoyenne. Les habitant·e·s ont exprimé leur besoin de parler et de faire découvrir leur quartier autrement. Alors que les médias se concentrent généralement sur les faits divers et la délinquance, les habitant·e·s souhaitaient montrer d’autres aspects de leur quotidien. Ni une ni deux, l’association Le Souffle et La Flamme (travaillant autour de l’accès à la culture et à l’art de rue) s’empare du sujet et propose de créer, avec les habitant·e·s, une radio associative pour porter leur voix.
Equipe - Quartier des Ondes
En cherchant à échanger avec le président du SNRL (Syndicat National des Radios Libres), je me retrouve à Radio Laser, à Guichen. L’actuel président du SNRL était directeur de la radio et cofondateur de la Skol (école d’animation radio). Aujourd’hui, il se consacre davantage à la Skol et à son rôle syndical.
Radio Laser est née dans les années 1990 dans un milieu périurbain (à 20 minutes de Rennes). Ses créateurices voulaient faire entendre les musiques urbaines sur les ondes de Guichen. C’est une radio qui a toujours évolué avec son temps et les innovations technologiques, du disque laser à la radio filmée. Radio Laser s’adapte aux usages de ses auditeurices.
Une radio de la fédération Ferarock, bien orientée punk et musiques actuelles, basée à Brest. Je n’ai pu partager qu’une petite heure avec l’équipe des deux salarié·e·s, bien occupé·e·s lors de mon passage. Iels ont tout de même pris le temps de me présenter cette radio, installée dans la Maison de quartier Bellevue-Kerinou. Initialement créée dans un autre quartier populaire de la ville, elle a toujours été attachée à rester proche des quartiers et des musiques actuelles. Une cinquantaine de bénévoles animent des émissions, avec un renouveau chez les jeunes qui se rapprochent de la radio. |
Organisé par l’association du même nom depuis 2003, le festival Longueur d’Ondes met en avant la création sonore francophone publique et indépendante. À l’origine, ce sont quatre ami·e·s fans de radio qui lancent l’association et le premier festival de la radio et de l’écoute en France. Aujourd’hui, c’est un événement incontournable pour les acteurices de la radio et du podcast. Si le festival a été pensé par et pour les auditeurices, il est devenu un passage obligé pour les professionnel·le·s, proposant séances d’écoute, tables rondes, conférences, concerts, etc., donnant à voir le rôle social de la radio.
Table ronde '“Politiser l’enfance”
En passant de 1 000 à presque 20 000 entrées pour leur 20ᵉ édition, le festival a obtenu une résonance internationale et institutionnelle. Aujourd’hui, des acteurices comme Radio France, Télérama ou Arte Radio prennent part à la programmation et à l’animation du festival. Si je ne peux que reconnaître la qualité de la programmation et la diversité des sujets et créations sonores présentés, j’ai été surprise par l’homogénéité des participant·e·s. Sur plus de 10 000 visiteureuses, je n’ai croisé que des personnes blanches, semblant venir de milieux intellectuels et beaucoup d’intervenant·e·s et d’animateurices de la région parisienne.
| J’ai mené quelques recherches sur le festival, mais après plusieurs heures de lecture, je n’ai trouvé aucune critique. Les médias (Ouest-France, La Lettre Pro, Télérama, etc.) vantent un événement éclectique qui permet un grand mélange de personnes. Oui, peut-être au niveau des thématiques abordées, mais d’après ce que j’ai observé, peu en termes de diversité culturelle et sociale. Pour un événement de cette ampleur, disposant d’un budget conséquent (environ 300 000 € pour l’édition 2024), je me demande pourquoi la communication n’atteint pas d’autres cibles, plus éloignées de l’accès à la culture (en dehors des jeunes et des scolaires, souvent obligé·e·s d’être là). Je n’ai peut-être pas trouvé d’articles sur le sujet, mais quelques témoignages de personnes croisées à Brest confirment cette impression : elles ne fréquentent plus le festival, devenu trop institutionnalisé, orienté vers Radio France et les professionnel·le·s de la radio, où les places se font de plus en plus rares et chères. |
Côté intervenant·e·s, même constat. La seule personne noire parmi toutes les tables rondes auxquelles j’ai assisté ne devait pas y être. La table ronde, intitulée « L’ère des juntes au Sahel », devait initialement accueillir un journaliste blanc, Vincent Hugueux, qui n’a pas pu venir. Il a été remplacé par Seidik Abba, journaliste d’origine nigérienne, dont le nom n’apparaissait pas sur le programme. Pourtant, Seidik Abba, diplômé de la Sorbonne, a une expérience riche : rédacteur en chef pour Le Monde Afrique, collaborateur de l’agence PANAPRESS, et auteur de livres comme Mali-Sahel, notre Afghanistan à nous ? ou Voyages au cœur de Boko Haram. Enquête sur le djihad en Afrique subsaharienne. Alors, pourquoi n’était-il qu’un second choix ?
J’ai également senti un regard plutôt ethnocentré dans l’animation des tables rondes. Lors de la table ronde « À l’écoute des citoyen·nes », l’animateur de France Culture a présenté l’un des journalistes en le félicitant d’aller enquêter « là où peu de gens vont », dans le 93. Pourtant, les travaux journalistiques et de recherche sur ce département et, plus largement, sur les quartiers populaires, ne manquent pas. Pour certain·e·s, nul besoin de s’y « immerger » : c’est l’endroit où iels vivent ou ont vécu.
| Le journalisme n’est pas épargné par le racisme et les discriminations. Comme ailleurs, les personnes minorisées ont tendance à être invisibilisées, alors qu’elles ne manquent pas. On peut citer le collectif AJAR (Association des Journalistes Antiracistes et Racisé·e·s), Nassira El Moaddem et son livre Main basse sur la ville, l’ouvrage collectif L’épreuve de la discrimination. Enquête dans les quartiers populaires (dirigé par Julien Talpin), la série d’articles « Quartier Shit » de Philippe Pujol après 10 ans dans les quartiers Nord de Marseille, ou encore le documentaire Municipales à la Goutte d’Or de Soizic Bonvarlet. Il existe aussi des médias spécialisés sur ces territoires, souvent créés par des personnes issues de milieux défavorisés, comme Le Bondy Blog, Fumigène ou L’Étincelle (fondé par des jeunes du 93). D’autres initiatives, comme Mon Quartier Ma Life à Toulouse, Reporters de quartiers à Lyon ou le collectif La Friche à Roubaix, encouragent les jeunes issu·e·s de quartiers défavorisés à raconter leur vécu. |
L’invité de la table ronde, Antoine Tricot, a réalisé un travail exceptionnel en immersion pendant plusieurs années pour écrire 9-3, une histoire plurielle de la Seine-Saint-Denis. Il ne s’agit pas de remettre en cause son travail, mais de questionner le rôle de ce type de festival. En invitant des « têtes d’affiche », il finit par valoriser toujours les mêmes profils. L’édition 2026 de Longueur d’Ondes a été exemplaire en termes de parité femme-homme, mais il manquait une remise en question de la diversité culturelle et sociale. En poussant les recherches, on découvre de nombreuxses journalistes, chercheureuses, collectifs et médias qui se sont emparé·e·s de la question des quartiers populaires sans se focaliser sur la délinquance et en laissant la parole à celleux qui y vivent.
À mon sens, ce festival prolonge les dynamiques des écoles de journalisme. La majorité des journalistes sortent toujours d’écoles parisiennes, ce qui oriente leur regard sur le reste du territoire. La profession tend à se féminiser, mais on retrouve une homogénéité des profils, mêlant diverses causes : reproduction sociale, accès aux écoles sur concours, et inégalités d’accès aux études supérieures. Une fois sur le marché du travail, discrimination à l’embauche, racisme au sein des rédactions, etc., sont autant de freins pour les journalistes racisé·e·s et issu·e·s de milieux populaires, moins nombreuxses et invisibilisé·e·s.
Au niveau des médias présents, les radios locales bretonnes n’étaient pas présente. Celles que j’ai rencontrées ne souhaitaient plus y participer. Parallèlement, un festival antifasciste avait lieu à Brest. Alors que Longueur d’Ondes proposait une intervention « Résister aux nouveaux fascismes », aucune mention n’a été faite de cet événement ni de l’association qui le portait. En dehors de Radio Campus Brest et Jet FM (Nantes), peu de radios associatives étaient présentes. Les médias indépendants comme Streetpress ou Socialter restent des structures avec des moyens et un lectorat/auditoire conséquent, loin des réalités des radios locales de milieu rural. Quand j’entends des journalistes parler de meilleures conditions de travail dans l’associatif, d’arrêter les semaines à 50 heures ou de pouvoir prendre le temps d’enquêter, cela ne correspond pas à la réalité de mon voyage, ni à celle de mon ancien poste. Cela fonctionne peut-être dans une grosse association, capable de payer un·e journaliste pour faire QUEdu journalisme. |
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Dans l’associatif, on n’a peut-être pas 15 sujets à traiter par jour, mais il faut aussi gérer la production, l’accompagnement des bénévoles, tisser des liens, créer des partenariats, demander des financements, les justifier, et travailler dans la peur de perdre son emploi ou de voir l’association couler par manque de ressources. Si je défendrais toujours les médias à but non lucratif, il ne faut pas idéaliser les conditions de travail. Ce sont des personnes engagées qui ne comptent pas leurs heures et qui se battent pour faire vivre ces médias de proximité.
Musée de Bretagne
Mon sentiment est bien partagé à l’égard de ce festival, où je n’ai pas senti de remise en question pour aller vers plus de mixité. Même le lieu n’y était pas propice : la majorité du festival se déroulait au Quartz, la scène nationale de Brest, un lieu qui ne parle pas aux personnes les plus éloignées de la culture. Peu de moments d’échange entre spectateurices étaient proposés, et les événements plus conviviaux en soirée étaient payants, en plus du pass à 35 € et de la journée des pros à 60 € (à laquelle je ne suis pas allée). Néanmoins, je n’ai pas non plus vraiment essayé de m’intégrer ou d’aller vers les autres, peut-être un peu sidérée par tout ce que j’ai pu observer.
Les autres voix de la presse : Lisa Giannarelli : un tour de France des radios associatives