Immersion en Drômardèche - 1e au 31 octobre 2025

Deuxième newsletter du voyage

Je poursuis ma route en Drôme et en Ardèche en direction de Lyon. De chaque côté du Rhône, je trouve des radios très diversifiées, j’en recense 15, d’où mon choix de rester presque un mois entre ces deux départements en essayant de me tenir à ma résolution de ralentir le rythme. C’est difficile, j’aurais aimé en voir plus… J’essaie de rencontrer des radios bien différentes les unes des autres afin d’avoir un échantillon varié. Deux en Drôme, dont RDWA de ma dernière newsletter, et trois en Ardèche. Seulement…. Il n’y a pas de train en Ardèche, et l’Ardèche c’est grand et montagneux. Bon, j’ai déjà calé des rendez-vous alors c’est parti pour pas mal de kilomètres de vélo puisque la politique ardéchoise va plutôt dans le sens de démonter les anciennes voies ferrées pour les transformer en voies douces. Super pour visiter, un peu moins pour les trajets quotidiens.

Vue sur l’Ardèche

Avant d’entrer dans le vif du sujet…

Le mois d’octobre a été marqué par des mouvements sociaux en réaction aux politiques économiques du gouvernement. D’abord le mouvement « Bloquons tout », a connu une nouvelle journée de grève le 2 octobre contre le rabotage des services publics, notamment de la santé, du chômage et la suppression de postes de fonctionnaires, confortant une position de plus en plus ultralibérale. S’ensuivent d’autres mobilisations, notamment « Ça ne tient plus », coordonnées par Le Mouvement Associatif qui met en lumière l’impact du projet de budget 2026 sur l’économie sociale et solidaire, avec -59 % du budget total. Rappelons que le secteur de l’ESS représente plus de 10 % des emplois en France dont 1,8 million de salarié.e.s et 20 millions de bénévoles uniquement pour le secteur associatif.

Valence

2 octobre 2025

Les radios associatives sont évidemment lourdement touchées par ce budget d’austérité, d’autant plus que le budget 2026 prévoit une baisse de 44,5 % du Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique (FSER, subvention de fonctionnement spécifique aux radios associatives), soit 16 millions de moins à se répartir entre radios associatives. Les Locales (association de représentation des radios associatives) estime cela pourrait mener à la fin d’environ 200 radios locales et mettre en danger 80 % des 3 000 postes salariés, alors que les radios associatives sont les plus grandes employeuses parmi les radios privées. Alors que le FSER représente moins de 1 % du budget de la Culture, de nombreuxses acteurices y voient un budget du silence, visant à limiter les voix alternatives. Dans un contexte de concentration médiatique de plus en plus forte, de montée des idées d’extrême droite et de précarisation, c’est mettre danger le pluralisme des médias et de l’information locale qui participe largement à visibiliser les luttes.

Pour en savoir plus 

Radio BLV pour Bourg-Lès-Valence – 1 au 6 octobre

Je repars doucement au bord du Rhône pour poursuivre mon périple drômois. Je vais retrouver radio BLV, située en périphérie de Valence à Bourg-lès-Valence. Le local n’est pas visible depuis la rue, ni en bas des escaliers. Il faut le savoir pour passer par ici, entre un magasin de matériaux et les voies ferrées. La première fois, je tourne un peu, je suis au bon endroit mais je ne vois pas d’indication. Je monte donc les escaliers devant moi pour accéder à la porte d’un bâtiment industriel. Ici, une feuille signale la présence de la radio. Une fois entrée, l’ambiance de zone industrielle disparaît. Les murs sont couverts de photos, flyers et affiches.


Entrée de Radio BLV, Bourg-Lès-Valence

Je rencontre Selva et Sylvie, responsable de l’antenne et seule salariée à plein temps. Ilan, en service civique depuis une semaine, se joint à l’équipe pour quelques mois. Il ne manque que Clément, qui se partage une semaine sur deux entre radio BLV et Déclic radio, de l’autre côté du Rhône. La radio existe depuis la libéralisation des ondes, mais a connu une forte diminution de ses activités jusqu’à 2016, avec l’arrivée de Sylvie. À ses débuts, seuls quelques bénévoles sont encore présents.

La radio a bien repris ses activités et retrouvé une vie associative depuis presque 10 ans, cependant la municipalité ne lui accorde que peu de soutien. Elle bénéficiait bien d’un local mis à disposition, mais celui-ci était très mal isolé. Difficile d’accueillir des invité·e·s dans ces conditions. Malgré les demandes, la mairie ne bouge pas : ni travaux, ni nouveau local. Lors d’une interview avec un élu, alors que l’animatrice aborde le problème de chaleur en été, celui-ci répond qu’elle n’a qu’à travailler en soutien-gorge. L’association se voit contrainte de partir et de louer un local par ses propres moyens.


Affiche BLV pour le 8 mars, Bourg-lès-Valence

BLV n’en démord pas et poursuit ses activités. Aujourd’hui, de nombreuxses nouvellaux bénévoles sont arrivé·e·s pour former un conseil d’administration et produire une programmation diversifiée : musique, actualités locales, histoire, féminisme, etc. Au relancement des activités, une priorité est d’accueillir plus de femmes parmi ses bénévoles. Alors que beaucoup d’hommes se sont emparés de cet outil d’expression, l’accès des femmes à la parole est bien plus restreint. De nombreuses actions sont mises en œuvre pour encourager les femmes à s’engager, comme le montre le nombre d’affiches et de flyers. C’est aussi en créant un environnement agréable et convivial que BLV a réussi à trouver une parité, avec même une petite majorité féminine.

J’ai pu rencontrer plusieurs animateurices bénévoles à BLV. Ici, les bénévoles sont accompagné·e·s vers la création autonome. Les clés et le matériel sont à disposition. Beaucoup passent, discutent un peu, préparent leur émission, enregistrent, montent, etc. Même si la radio n’est pas très visible de la rue, elle vit bien ! La plupart des bénévoles que j’ai rencontré·e·s se sont retrouvé·e·s là par le bouche-à-oreille, amené·e·s par des ami·e·s. On retrouve des personnes qui n’habitent pas toujours sur place, iels se déplacent pour partager leurs connaissances musicales, culinaires, historiques, juridiques et animer La Locale, émission d’actualité locale.

Centre du patrimoine arménien, Valence

Après le week-end, je passe un dernier jour avec Radio BLV pour participer à un plateau extérieur au Centre du Patrimoine Arménien de Valence, où une grande communauté arménienne vit. Je rejoins donc BLV, installée dans l’une des salles à l’occasion de la semaine de l’intégration. Cette année, la semaine met les artistes réfugié·e·s à l’honneur. Retrouvez leur parcours en podcast : https://podcasts.radioblv.com/@thema_et_wizz/episodes/thema-et-wizz-s2-1-speciale-semaine-de-lintegration

Radio Info RC et le collège Roqua – 7 au 9 octobre

À Aubenas, dans le sud de l’Ardèche, Radio Info RC est une radio un peu particulière, une radio en milieu scolaire au collège Roqua. Pourtant, rien à voir avec l’Éducation nationale, il s’agit bien d’une association de droit privé. Elle a été créée en 1984 sous l’impulsion d’un enseignant du collège. Convaincu des bénéfices de la pratique radiophonique pour les élèves, il commence par utiliser la radio avec ses classes. Le projet plaît et certains membres de l’équipe pédagogique créent Europhonia 07 pour donner une existence légale à ce projet mi-scolaire, mi-radio.

Alizée, intermittente du spectacle, Aubenas

Aujourd’hui, elle est toujours là et essaie de s’ouvrir sur l’extérieur. Une porte donne directement sur la rue, permettant à toute personne d’entrer. Une autre s’ouvre sur la cour du collège. En dehors des ateliers radio, les élèves peuvent entrer entre midi et deux, pendant les récrés ou les heures de trou. Cet espace leur offre la possibilité de créer leur propre émission, mais aussi d’avoir accès à des adultes qui ne sont pas directement lié·e·s à l’Éducation nationale.

Aujourd’hui, 3 salarié·e·s permanent·e·s et une intermittente s’occupent de la radio, dont le fonctionnement repose beaucoup sur l’emploi. L’équipe a du mal à changer l’image de l’association, vue comme la radio du collège, pour recruter des bénévoles en dehors du scolaire. Ajoutons que ce n’est que récemment que la radio s’est plus ouverte, avec le départ des fondateurices. Aujourd’hui, un nouveau président est arrivé et un CA reformé, motivé·e·s pour accueillir plus de diversité.

Club radio - Collège Roqua 1 Les membres de l’équipe viennent de milieux différents et cela se ressent dans leur manière de travailler : proximité avec les méthodes pédagogiques de l’Éducation nationale ou totale éducation populaire, en fonction de l’animateurice. Ce qui est certain, c’est qu’être dans une radio en milieu scolaire limite l’engagement de la radio. Elle défend des valeurs sociales et valorise la culture locale, mais reste très loin de tout positionnement politique. Vous l’aurez compris, c’est une association qui consacre bien plus de temps à l’éducation aux médias et à l’information que ne peuvent le faire d’autres radios. Elle propose tout de même un journal d’actualité tous les matins.


Club radio - Collège Roqua, Aubenas

Même si la radio est indépendante de l’établissement, elle subit tout de même les aléas du collège. Un·e principal·e plus ou moins intéressé·e a nécessairement un impact sur les activités. Néanmoins, Info RC ne s’arrête pas au collège Roqua : elle intervient dans une diversité d’établissements et dispose d’un deuxième studio dans une école élémentaire d’un quartier prioritaire de la politique de la ville. Même avec ce statut de radio en milieu scolaire, Info RC doit subvenir aux besoins de l’association pour poursuivre ses activités. En dehors du Fonds de soutien à l’expression radiophonique, la radio est donc financée, entre autres, par la politique de la ville et propose des partenariats rémunérés pour limiter sa dépendance aux subventions publiques, qui tendent à s’amenuiser.

Les élèves m’interrogent : Tour de France des radios associatives

Des articles de presses :

Déclic radio, une radio au sein d’un Centre socioculturel – 14 au 16 octobre

Je poursuis le voyage à Tournon-sur-Rhône, où l’équipe de Déclic Radio m’attendait de pied ferme et m’a même trouvé un hébergement chez une famille de voyageureuses à vélo. La radio est portée par le Centre Socioculturel de Tournon. Au départ, c’est l’initiative d’un groupe d’habitant·e·s fan de radio qui se sont saisi·e·s du CSC. Aujourd’hui, la radio fonctionne avec deux salarié·e·s et dispose de locaux séparés.

Déclic Radio, Tournon-sur-Rhône

Je rencontre enfin Clément, le salarié en garde alternée entre BLV et Déclic, ce qui permet de lui financer un temps plein. Il est technicien son et musicien. Souvent, les salarié·e·s et bénévoles ont appris la technique sur le tas ; c’est un gain de qualité et de temps pour le reste de l’équipe. En plus de Clément, Véronique, responsable d’antenne, Romain, apprenti en journalisme, Carla, volontaire européenne, et une vingtaine de bénévoles font fonctionner la radio. Et quel·le·s bénévoles ! J’ai pu rencontrer Seb, animateur et producteur radio, notamment de l’émission Chansomania, l’une des émissions les plus multidiffusées de France. Et Mickaël, auteur du livre C’était juste une supernana, sur l’une des premières animatrices de radio connues. Elle fait partie intégrante de l’histoire de la radio.

La radio n’accueille que peu de bénévoles venu·e·s du Centre socioculturel ; celles et ceux-ci viennent plutôt de l’extérieur. Néanmoins, elle permet de faire des ponts avec les différents pôles du CSC. Par exemple, Mickaël est aussi coordinateur numérique au CSC et anime une émission sur l’IA, ou encore organise des ateliers radio avec le pôle jeunesse.

Réunion d’équipe à Déclic Radio, Tournon-sur-Rhône

S’inscrire en tant que radio dans un projet associatif plus grand n’est pas toujours chose facile. Avec une organisation plus verticale et centralisée, il faut composer avec les orientations du Centre et l’administration, ce qui peut parfois mener à quelques incompréhensions entre l’équipe radio et le reste du Centre. La question du matériel est souvent soulevée, puisqu’il est utilisé par d’autres personnes ; on passe beaucoup de temps à tout rassembler. Nous sentons également une façon de travailler plus descendante, peut-être liée aux différences de statuts entre les personnes de l’équipe.

Radio des Boutières, au cœur de l’Ardèche – 17 au 21 octobre

La radio des Boutières se situe au Cheylard, petite ville isolée au nord de l’Ardèche. Les Boutières, c’est le nom du territoire où émet la radio. Dans le nord de l’Ardèche, c’est un territoire montagneux situé entre le Massif central et la vallée de l’Eyrieux. C’est la plus grande zone urbaine des alentours, où la radio a récemment rejoint le centre-ville et repeint sa devanture.

Devant les locaux de RDB, Le Cheylard

Ici, une équipe 100 % féminine est en train de relancer l’activité, qui avait bien ralenti. C’est Sarah, entrepreneuse venue des États-Unis et aujourd’hui directrice, qui a renouvelé l’équipe. Les cinq salariées se partagent différentes missions : administratif, financements, animations radio et ateliers, formation et accompagnement des bénévoles, création de reportages, etc. Avec les nouvelles salariées, c’est aussi un nouveau bureau qui vient d’arriver et essaie de repenser la gouvernance pour aller vers une organisation plus horizontale, où tout le monde puisse trouver sa place dans la prise de décision.

Les salariées font partie intégrante du projet associatif. Avec des dossiers de demande de subvention fastidieux, des bilans nécessitant un suivi de plus en plus rigoureux et une lourde gestion administrative, la radio en a besoin pour assurer la régularité des activités. Le salariat permet aussi de diversifier les revenus avec des ateliers d’éducation aux médias, la réalisation d’émissions et de podcasts rémunérés (collectivités locales, parc régional, etc.) et la production de publicités originales. La présence quotidienne des salariées dans les locaux, c’est aussi ouvrir la porte aux bénévoles qui souhaiteraient s’exprimer sur les ondes.

Louise en pleine formation bénévole, Le Cheylard

C’est la seule radio de mon voyage qui diffuse des annonces publicitaires d’entreprises locales. La vente de publicité ne peut pas excéder 20 % du chiffre d’affaires des radios associatives pour éviter de faire concurrence aux radios commerciales. À RDB, c’est 17 % du budget annuel. Si les revenus liés à la publicité sont non négligeables, garantissant une certaine liberté vis-à-vis des collectivités, elle pose tout de même la question de la dépendance aux entreprises capitalistes. Pour attirer annonceureuses et financements des collectivités locales (plutôt très orientées vers la droite de l’échiquier politique), faut-il faire abstraction de son engagement politique ? Ou est-ce une manière de parler à tout ce territoire éloigné des grandes agglomérations en fournissant un média plus consensuel ? RDB reste une radio proche des habitant·e·s et des associations. Avec ses forces humaines, elle a les moyens de produire des contenus peut-être plus « formatés » et d’accompagner les bénévoles en ce sens.

J’ai pu y retourner le 31 octobre pour participer à une table radiophonique organisée en partenariat avec Lo Plancho, journal local, et La Passerelle des Vallées, espace de vie sociale de la vallée de l’Eyrieux. Nous avons pu discuter de l’expression journalistique libre et indépendante.

A réécouté : RDB, “Lo Plancho #2, Pour une info locale indépendante” 

Une pause de radio

Après presque deux mois sans m’arrêter, vient le besoin de faire une pause. Voyager, c’est vraiment incroyable, mais c’est aussi très fatigant ! Entre les rencontres avec les radios, la logistique pour gérer les hébergements et les prochaines étapes, avec des changements d’hébergement très réguliers, il est temps de s’arrêter une petite semaine. C’est aussi l’occasion pour moi d’enfin travailler sur mon ordinateur : rédaction, montage, prévision des prochaines étapes, etc. Bref, faire des choses que je n’ai jamais le temps de faire quand je suis en transit entre les radios. J’ai enfin monté un premier portrait, qui n’est d’ailleurs toujours pas sorti, puisque j’attends d’avoir le temps de publier un épisode pilote avant.

Radio Anthropocène, une radio de vulgarisation scientifique lyonnaise – 30 octobre

Première webradio lyonnaise du voyage, en attente d’une réponse à sa demande de fréquence. C’est une radio toute récente, créée il y a à peine quelques années et portée par l’association Cité de l’Anthropocène, qui a pour but de sensibiliser et de réfléchir autour de toutes les questions qui traversent l’Anthropocène, en essayant de rapprocher société et sciences.

Et qu’est-ce que l’Anthropocène, ou l’ère des êtres humains ? Il s’agit d’une nouvelle période géologique caractérisée par l’impact de l’activité humaine sur la géologie, et par là sur l’écosystème terrestre.

Locaux de Radio Anthropocène, Lyon

Vous l’aurez compris, la webradio fait partie d’un projet plus large mêlant production radiophonique, vulgarisation scientifique, édition, formation et médiation. Née d’un projet universitaire qui a pris fin, certain·e·s ont eu envie de le prolonger à l’extérieur, en gardant un lien étroit avec l’université. Les questions liées à l’Anthropocène et à ses répercussions sur nos sociétés et la nature traversent toutes les disciplines académiques. La radio, c’est aussi créer des liens interdisciplinaires permettant d’avoir un regard scientifique pluriel, tout en s’ouvrant à d’autres acteur·ices pour aborder une dimension plus politique. J’ai notamment pu assister à une émission en partenariat avec Rue89 Lyon, un journal indépendant qui a réalisé une grande enquête sur l’extrême droite à Lyon.

Bonus du mois, interview avec Jean Bénetière

Par hasard, un bénévole de Radio BLV connaissait Jean Bénetière, co-auteur du livre Au cœur des radios libres avec Jacques Soncin. Il est revenu sur l’histoire des radios pirates, illégales à l’époque, qui se sont, pour beaucoup, formalisées sous le statut associatif à la libéralisation des ondes en 1981. Ce sont les radios libres qui sont encore des outils de luttes sociales et d’accès à la parole. Cette rencontre fera très certainement l’objet d’un épisode à part entière, donc pas plus de spoilers… et à dans un mois pour la suite du voyage !

Traversée du Rhône

Parce Qu'autant Podcaster - Un tour de France des radios associatives

Par Lisa Giannarelli

Je m’appelle Lisa Giannarelli et je suis arrivée dans le monde des radios associatives par hasard, au fil de mon parcours. Après un master en ingénierie de projet de l’économie sociale et solidaire, j’ai trouvé un emploi de coordinatrice dans une webradio associative à Mulhouse, Radio WNE. J’ai pu apprendre à concevoir des contenus d’information sonores, passionnée par ce travail, j’ai décidé de me lancer en indépendante et de me spécialisé dans le documentaire sonore.